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Le FIMAV : 32 années d’avant-garde musicale!

 

Du 19 au 22 mai 2016 à Victoriaville.

On m’a demandé de vous décrire le Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville, le FIMAV, comme l’appellent familièrement ses habitués. Et comme c’est un festival que je connais bien, la chose devrait donc m’être facile, me suis-je dit en acceptant. Mais me voilà devant mon écran et, oups… j’hésite, je rature, j’efface, je recommence, j’annule et annule encore…ouf!

Bon, ce « dandinement » littéraire n’est pas dû à un manque d’idée ou de sujet, que non! Des images et surtout des musiques, que dis-je des musiques, de véritables émotions sonores oui, toutes vécues au FIMAV? Ça, j’en ai des centaines! Alors? OK, je plonge.

Expliquer le FIMAV, c’est s’attaquer à la quadrature du cercle, c’est vouloir attraper l’insaisissable, car, cet événement voué aux musiques innovantes est toujours là où on ne l’attend pas. En perpétuelle recherche de nouveautés, les concerts qui y sont présentés évoluent tous à la frontière d’un Nouveau Monde sonore. On y retrouve de tout; du petit ensemble au gros, du rock au jazz, du minimalisme au bruitiste, de l’improvisation à la musique totalement écrite et chorégraphiée, des premières mondiales, américaines, canadiennes, québécoises. Et souvent même, des rencontres improbables! J’ai en tête des sons mémorables, souvenir d’un certain concert avec un musicien sorti tout droit des steppes de Mongolie avec un folkloriste japonais et un « beatboxer » !

Je crois qu’on peut indéniablement qualifier le FIMAV d’événement impressionniste, et ce, dans la plénitude du terme! Premièrement pour tous ces musiciens au talent immense qui s’y investissent, c’est une des rares occasions de partager leur travail d’exploration artistique et de recherche musicale dans des conditions techniques et de salle, de très haut niveau. N’en doutez pas pour ces musiciens, le FIMAV trône au sommet entouré des plus grands festivals internationaux consacrés à la musique actuelle tels que le Festival Avant Garde de Copenhague (Danemark), celui de Maderadig Music Festival de Madère (Portugal), Six Avant Music Festival de New York ou le Mulhouse Music Festival (France).

Impressionniste aussi pour les spectateurs qui doivent se laisser porter par le flot des rythmes, des agencements, des harmoniques, des dissonances, bref par une musicalité changeante et le plus souvent loin des créneaux traditionnels. L’expérience FIMAV, c’est accepter de se laisser conduire hors des sentiers battus là où l’auditeur perd ses repères. Mais cette expérience au finale assez immersive produit toujours un bagage d’émotion qui l’accompagne longtemps après l’écoute d’un concert. Et ce, qu’il ait aimé ou non! Dans ce grand laboratoire musical qu’est le FIMAV, autant l’artiste que le spectateur acceptent de se mettre en péril pour aller plus loin.

Mais me direz-vous, au fond, la musique expérimentale et la recherche musicale, kossadonne? Parfois rien. Mais des fois… Pensez à tous les systèmes de transformation, séquenceurs ou répétiteurs sonores actuels ou encore les nombreuses « pédales » qu’utilisent la quasi-totalité des guitaristes rock, jazz ou alternatifs aujourd’hui. Ou mieux, les modulateurs qui viennent « enjoliver » ou changer le registre de la voix de plusieurs chanteuses et chanteurs? Sans les expérimentations, essaies et erreurs, rien de tout ceci n’existerait. Et il y a aussi la forme, le style musical en lui-même qui peut s’avérer novateur. En 32 années, des propositions originales, le FIMAV en a vu passer. Saviez-vous que le FIMAV a été un des premiers événements à présenter « officiellement » et sur une « grande scène » de jeunes musiciens et qui faisaient des rythmiques avec leur bouche tout en débitant des genres de poèmes urbains? Ils venaient de Chicago et de New York et ils appelaient leur musique… le RAP!

Toujours soucieux de piquer la curiosité d’un maximum de gens, le FIMAV a développé depuis quelques années un volet « grand public » avec un circuit qui propose de 7 à 9 installations sonores. Présentées tout à fait gratuitement, celles-ci sont disposées dans le parc Ste-Victoire près de la Vélogare à Victoriaville. D’une approche très ludique et le plus souvent interactive, ces œuvres faites de bois, de métal, de plastic, de tissus, de porte d’autos, de lampes, de vieux tourne-disques, de téléviseurs, d’instruments de musique, etc. sont autant d’occasions de découvrir un univers original qui vient nous interpeller! Et vous voulez une suggestion? Allez expérimenter ces « machines à son » avec un enfant, ce sera votre meilleur guide!

Bon, je crois bien avoir fait le tour et j’espère vous avoir convaincu d’oser faire le pas et d’aller assister à l’un des spectacles présentés par cet événement hors norme. La programmation? Quoi la programmation? Pourquoi est-ce que je ne vous parle pas de la programmation? C’est simple : parce que sur le site web du FIMAV, vous y trouverez tout : artistes, heures, descriptions, liens audio et vidéo! Et expliqué avec plus de brio que je ne saurais le faire, alors… 18 concerts en pour pouvoir tous les voir… Go allez-y!

 

Kossadonne la musique actuelle? Rien sauf peut-être la sensation d’être assis tout à l’avant d’un vaisseau et d’avoir le privilège d’y voir apparaitre un nouvel horizon…

Publié le 13 mai 2016

Steeve Gagné
Steeve Gagné
Délégué commercial & marketing Tourisme Victoriaville et sa région